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Author Topic: Un mode de maltraitance très efficace au long cours.  (Read 9354 times)

Jacques

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Un mode de maltraitance très efficace au long cours.
« on: March 16, 2006, 05:27:14 AM »
Un mode de maltraitance très efficace au long cours, est de désarmer son fils ou sa fille dans la compétition sexuelle qu'il/elle devra affronter, et cela dès les jeux de préséance et de territoire à la Maternelle.

Le chercheur en ethnopsychiatrie (et déjà en ethnologie générale, et même en éthologie animale) n'a encore rien fait, rien que du boulot de singe, tant qu'il n'a pas mis au clair les règles et valeurs pratiquées pour la compétition sexuelle dans la peuplade qu'il étudie. Le mode de compétion sexuelle oriente tout l'avenir d'une peuplade. Ainsi de nombreux cervidés du Quaternaire n'ont pas survécu longtemps : leurs très larges ramures en faisaient des proies idéales pour les carnassiers en milieu boisé. Oui, mais la sélection sexuelle sans pitié, poussait tellement aux plus larges ramures...
On peut souvent en apprendre davantage auprès des humoristes, et des artistes en général, qu'auprès des scientifiques ayant académie sur rue : les premiers ont des audaces que les seconds hésitent souvent à prendre. Prenons le sketch de Sylvie Joly, "Catherine" : comment son personnage prend plaisir à écraser sa fille Delphine "... que peut-être, un jour, elle serait ravissante aussi !".

Nombre de jeunes gens se marient pour échapper à la jalousie féroce du parent de même sexe, pour prouver à leur mère (pour choisir un sexe sur deux) que malgré la malédiction maternelle, si si, elles peuvent trouver un mâle et se reproduire. Remarquez, ce sont souvent là des unions peu heureuses et peu durables : le mari providentiel ainsi choisi comme substitut des fonctions maternelles, n'est guère connu pour lui-même, mais comme ustensile dans la compétition mère-fille. Plus de mère à vaincre, décédée, et pourquoi alors conserver un mari, un adulte étranger qui pourrait brider votre suprématie et votre toute-puissance ?

Je me souviens de ce directeur commercial à l'écriture élégante, conciliant, conciliant, conciliant... Il vivait chez sa mère. Il était homosexuel, pour ne jamais mettre sa mère en compétition avec aucune autre femme...

Ah ! Quel poète dira la jouissance obscène que peuvent trouver une mère, une directrice ou une monitrice de pension d'enfants, à dénigrer tout mâle faisant la cour à une femme ! Quel poète dira la jouissance obscène que leur procure l'émasculation psychique des petits garçons en culottes courtes ! Dans le genre, on nous faisait chanter :
"Le roi Arthur avait trois fils,
Quel supplice !
Mais c'était un excellent roi,
Oui ma foi !
Par lui furent chassés,
Oui chassés à coups de pieds,
Pour n'avoir pas voulu chanter !
Pour n'avoir pas voulu chanter, ohé !

..."

Le plan média actuellement en oeuvre est sous-tendu par une idée-force : Qui détient les règles de la compétition sexuelle, détient toute la société et son évolution. Mais comme il est inavouable, il faut brouiller les pistes.

A suivre.
« Last Edit: November 01, 2006, 04:31:50 AM by Jacques »

Jacques

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L'enfant : une terre d'invasion facile.
« Reply #1 on: July 23, 2006, 08:14:23 AM »
Tout pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument, écrivaient certains sur les murs en mai 1968.

Le pouvoir absolu qu'on a sur l'enfant est lui aussi un délice qui prête à tant d'abus. Quelle est la secte ou autre pouvoir absolu, fascisme, nazisme, stalinisme (repris par W. Poutine depuis, lien http://www.esperanto-sat.info/article.php3?id_article=486), et autres religions, qui renoncerait à disposer du pouvoir discrétionnaire d'endoctriner les enfants ?

Oh ! Quel poète dira la jouissance obscène du catéchiste ou de l'endoctrineur coranique, qui dispose sans compter de la naïveté et de la crédulité de tous ces enfants charmants !

L'enfant est une terre d'invasion libre et facile.
Je suis vieux, mais je n'ai oublié aucune de mes crédulités envers ces mensonges qu'on raconte aux enfants pour se prouver qu'on est supérieurs. J'ai cru au père noël, au petit jésus, à des dizaines de fariboles : "Hein papa, que c'est dieu qui a créé tous les zècres ?". Je plaide coupable et demande l'indulgence du jury : j'avais quatre ans.

Ça gobe n'importe quel mensonge, un enfant...
C'est pressé d'emmagasiner un maximum de connaissances pour survivre comme orphelin. Critiquer ? trier ? On verra plus tard, le temps presse, et de toutes manières les structures nerveuses de l'enfant ne sont pas encore faites pour la réflexivité approfondie ni complexe : du pratique, et vite ! Nous avons perdu de vue combien de fois des communautés n'ont survécu que par les enfants orphelins, après décès de tous les adultes. Les linguistes ont été contraints d'élaborer cette hypothèse pour expliquer tant de créations de langues, avec seulement des liens de parenté très ténus : il s'agirait de langues nouvelles, inventées sur place dans le besoin par une communauté d'enfants isolés, privés de la mémoire des adultes.
A l'appui de cette hypothèse, cet enfant trouvé dans la jungle au Nigeria. Il avait douze ans, ses deux parents étaient morts. Il vivait sans secours du monde extérieur, faisant pousser seuls ses légumes, et ne soupçonnait même pas qu'il était un enfant, et avait droit à des secours et de la protection par des adultes.

L'enfant est une terre d'invasion libre et facile, d'abord pour ses parents.
J'ai 62 ans à l'époque de la rédaction (2006), et ma mère n'a toujours pas renoncé à ses invasions, notamment sonores, ni à ses tentatives de prises de pouvoir psychique et matériel.
Guy Bedos a dû attendre le décès de sa terrible mère pour pouvoir publier ses Mémoires d'Outre-mère. Je prépare de même un Eloge d'une héroïque écouilleuse de fils, passons... Hervé Bazin n'attendit pas si longtemps pour publier "Vipère au poing" et "La mort du petit cheval". Quant à Jules Renard, lui aussi dut attendre d'être dégagé des griffes de celle qui le haïssait, pour publier "Poil de carotte". Quelques participantes de feu le forum Synpoïesis auraient pu ajouter quelques chapitres à ce livre, elles ont de la matière, elles aussi à titre personnel...

Devons-nous nier l'ampleur et la réalité du problème, en alléguant que ce ne sont que des cas isolés, quelques rares brebis galeuses, qui ne devront aucun cas recueillir notre attention ? L'accumulation des dénis de réalité, voilà justement le signal qui me fait dresser l'oreille, qui me signale régulièrement que je suis tout près d'une grosse cache d'inavouables.

Si ce ne sont que des cas isolés, alors pourquoi une telle campagne médiatique et judiciaire pour écarter les témoins gênants, liquider les quelques Justes encore survivants, qui pourraient faire encore obstacle à la gynarchie absolue et au matriarcat absolu ?

Un père est un obstacle indispensable pour protéger l'enfant contre l'invasion maternelle permanente. Certes mon père avait des défauts majeurs, à commencer par sa longue et féroce jalousie fraternelle, qui dura si longtemps, jusque octobre 1960. Mais sans lui, ma mère aurait réussi à me maintenir à l'état de larve asservie, tout comme elle continua encore jusqu'au delà de sa mort à tenter d'y parvenir.

Des pères sont insuffisants, incapables, voire envahisseurs ou abuseurs, eux aussi. Beaucoup de pères ont été éliminés, car rebelles à l'esclavage gynarque. Nulle part d'assistance pour les aider à prendre la place où ils sont indispensables. Et pourtant tout s'apprend, cela aussi.

Les concepteurs du plan d'extermination des juifs étaient peu nombreux à maîtriser tous les aspects de cette entreprise industrielle de la mort. Les autres ont eu des responsabilités parcellaires, selon les meilleures traditions de l'industrie taylorisée avec travailleurs en miettes. Le conducteur de trains de la mort n'était pas individuellement un assassin. Les cheminots qui entretenaient la voie, n'étaient pas individuellement des assassins, les maçons qui ont bâti les fours crématoires et les chambres à gaz, n'étaient pas individuellement des assassins. Etc. etc.

Le génocide en cours dans nos pays développés et gavés, le génocide des pères, est lui aussi industrialisé, divisé en tâches parcellaires, où chaque agent est inconscient de l'insertion de sa tâche dans une entreprise criminelle qui dépasse son entendement.

C'est surtout le premier génocide qui, en France, utilise aussi massivement l'appareil judiciaire pour parvenir à ses fins. Encore que sous Vichy, tant et tant de magistrats se sont révélés de dociles carriéristes sans scrupules...

Le 16 février 1792, l'assemblée Constituante abolit les corporations. Le 14 juin la loi Le Chapelier poussa le verrou contre leur éventuelle reconstitution. Mais comment était arrivé ce régime étouffant des corporations, qui paralysa si longtemps la créativité artisanale et industrielle ? Par les tribunaux...
Quote
Les seigneurs et les monastères mettent la main sur les terres et les moulins pendant que, en ville, s'installent les corporations. En 1300, la plupart des productions sont sous contrôle, c'est la fin de la créativité.
La puissance du mécanisme de formation des corporations est impressionnante. C'est une multitude de petits faits, règlements de conflits qui aboutissent inévitablement à un lotissement des techniques.
En voici un exemple, cité de GEREMEK "Le salariat dans l'artisanat parisien, 13e-15e siècles" : "Entre tisserands, foulons et teinturiers, les rivalités sont extrêmement vives à la fin du 13e siècle. Déjà le statut des teinturiers, dans le livre des métiers, stipule qu'il est interdit aux tisserands de teindre les draps, du moment qu'on a interdit aux teinturiers "contre droit et contre raison" de tisser les draps. Les contestations incessantes entre teinturiers et tisserands ont pour effet qu'en 1279, après consultation des habitants des villes où figurent ces métiers, une ordonnance royale est promulguée, prohibant leur pratique simultanée".
En 1300, le morcellement est fait : pour la seule draperie, on relève 13 professions différentes.

Par nos tribunaux, sous la direction des campagnes médiatiques sexistes, nos enfants sont privés de tout secours pour les protéger de l'invasion incestuelle, voire localement incestueuse, du matriarcat absolu. Des grands-parents sont lourdement sanctionnés pour avoir osé demander à voir leur petit-fils, maltraité par le nouveau compagnon de sa mère (pourvoyeur de sa drogue) : atteinte à l'image sainte de la Sainte Mère !

Ah ! Quel poète dira la jouissance obscène de la matriarque absolue, détentrice absolue du pouvoir absolu sur l'enfant !

Dans une large majorité des cas, la judiciarisation de la société ne correspond nullement à une avancée révolutionnaire, mais à un verrouillage de privilèges. L'unique exception dont j'aie connaissance est dans le domaine du droit du travail : il arrive que le salarié parvienne à faire valoir ses droits face à un abus patronal.

La judiciarisation à outrance de la société américaine est une violente régression sociale, au profit d'une classe d'avocats de plus en plus nombreuse, puissante, et riche. Comme l'a déjà souligné Emmanuel Todd (discussion http://forum.aceboard.net/11070-1635-7175-0-Emmanuel-Todd-inondation-Louisiane.htm ), les USA regorgent en "conseillers fiscaux ou avocats spécialisés dans l'extorsion de fonds à l'échelle planétaire", mais se retrouvent dépourvus "de matériel, d'ingénieurs et de techniciens et d'un sentiment de solidarité collective", cela se vérifie cruellement lors de la dévastation de la Louisiane par l'ouragan Katrina.

Quant à la judiciarisation de la société urbaine française au 13e siècle, ne pas se focaliser exclusivement sur la balkanisation des techniques et de métiers - bien que cela aussi ait grande importance. Regarder aussi que cela figeait les privilèges de l'artisan âgé, qui pouvait exploiter à blanc les apprentis et compagnons, pendant beaucoup d'années. Cela supprimait les possibilités de mobilité des compagnons entre les divers métiers : plus de transferts horizontaux de savoir-faire !

La judiciarisation à outrance des affaires familiales dans notre pays (il s'agit de la France), permet elle aussi de figer, non pas un mais deux privilèges :
1° - les privilèges du monopole d'avocats, toujours plus nombreux, toujours plus prospère, toujours plus intouchable dans ses félonies et ses malversations,
2° - les privilèges familiaux du sexe féminin, qui bénéficie de toutes les campagnes de calomnies sexistes anti-mâles, et de l'inhibition terrifiée du plus grand nombre, ainsi que de l'inhibition des media, tous terrorisés à l'idée de quitter la grande vague du triomphe inéluctable du féminisme inégalitaire et totalitaire.
« Last Edit: October 14, 2012, 11:23:06 PM by Jacques »

Jacques

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Une petite fille sur le chantier,
« Reply #2 on: November 10, 2006, 09:01:52 AM »
Une petite fille
 

Voici l'histoire vraie d'une petite fille de 6 ans qui s'est liée d'amitié avec des gens de la construction.

Cette histoire touchante démontre la bonté des gens et fait la preuve qu'il y a de l'espoir pour la race humaine!!!

La famille d'une petite fille de 6 ans venait d'emménager dans une nouvelle maison. À côté se trouvait un terrain vague où elle jouait de temps en temps. Peu après, le terrain fut vendu et une équipe de construction arriva afin d'y construire une nouvelle maison.

La petite fille fut intriguée par un tel déploiement de machinerie lourde et commença à aller voir de plus près ce qui se passa. Après quelques jours, elle commença même à parler avec les travailleurs et se liait d'amitié avec eux. Elle fut, sans le savoir, la mascotte du chantier.

Elle était toujours de bonne humeur. Le contracteur lui donnait même des petites tâches à accomplir afin qu'elle se sente importante dans le groupe. Elle prenait même ses pauses-café et lunchs avec eux. Tout le monde l'aimait bien... À la fin de la première semaine, le contracteur lui tendit une enveloppe de paye pour la remercier....

L'enveloppe contenait la somme symbolique de 1 dollar. Toute contente, la petite fille rentra chez elle et raconta son histoire à sa mère. Elle dit à sa fille que le temps était venu d'ouvrir un compte à la banque pour y déposer son argent.

À la banque, la caissière, elle aussi éblouie par toute cette histoire, demanda à la fillette comment elle a réussi à obtenir une paye à un si jeune âge.

La petite fille répondit : "J'ai travaillé dans la construction avec des messieurs à côté de chez-nous.  On construit une nouvelle maison !"

La caissière, toujours impressionnée, demanda à la fillette si elle y pensait retourner travailler au chantier la semaine prochaine.

La fillette répondit :
"Nan ! Seulement si les osties d'pourris de chez Réno-Dépôt nous livrent le sacrament de gyproc qui vaut pas d'la criss de marde!!!"


Cette histoire démontre la profondeur du sens critique des enfants, et combien il est difficile de les endoctriner, même avec un peu d'habileté, tant ils sont avertis, méfiants et distants...

"Ce qui prouve que ce prétendu Syndrôme d'Aliénation Parentale qui n'a aucune base scientifique, c'est seulement une invention délirante de ces hosties d'pourris d'masculinistes, qui ne rêvent que d'enlever le droit de vote aux femmes !
Cette fillette démontre que nous les femmes avons raison d'asseoir notre monopole sur les esprits fragiles des enfants, pour les soustraire à toute influence mécréante et incroyante de tous ces sacrament d'pourris d'pères qui valent pas d'la marde, et qui sont tous membres d'Al Qaida !!
"

Fin de citation (condensée, condensée...).
 ;)
« Last Edit: November 10, 2006, 09:35:12 AM by Jacques »

Jacques

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La dépression majeure, un objectif de tortionnaires raffinés...
« Reply #3 on: January 19, 2007, 04:06:54 PM »
La dépression majeure, un objectif de tortionnaires raffinés


La légende généralement admise est que Johan Sebastian Bach n'a pu achever la triple fugue qui conclut Die Kunst der Fugue. Certains dissidents remarquent que forcément le Cantor a commencé par écrire la triple fugue, avec les trois sujets réunis, mais que son fils l'a tout simplement perdue, et nous a raconté des carabistouilles pour sauver sa prestance... Du reste un organiste nous a joué sa reconstitution d'une possible triple fugue, avec la réunion des trois sujets.


Vous y êtes ?
Nous aussi nous allons rassembler trois sources d'information et tâcher de les combiner en une seule synthèse, heu, non, quatre comme Les trois mousquetaires :

1 - L'oeuvre de Françoise Sironi, qui nous explique comment retracer l'intentionnalité du bourreau à travers la souffrance et la destruction actuelle de sa victime. Et comment contrer point par point cette intentionnalité tortionnaire.
http://deonto-famille.info/index.php?topic=38.0
http://www.ethnopsychiatrie.net/actu/collegedeF.htm

2 - L'oeuvre de Carmen Campo et Juan Luis Linares : Psychothérapie des états dépressifs (ESF).
http://www.esf-editeur.fr/psy/boutique/e-docs/00/00/01/D0/document_livre.md
http://www.paternet.net/salon/forum/post-14705.html
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=CTF&ID_NUMPUBLIE=CTF_030&ID_ARTICLE=CTF_030_0162
ou http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_REVUE=CTF&ID_NUMPUBLIE=CTF_030&ID_ARTICLE=CTF_030_0162

Selon leur descrïption de la fabrication du futur dépressif majeur, là, le couple conjugal est relativement uni - contrairement au couple fabricant de schizophrène. Sauf qu'il ne laisse jamais de place aux besoins affectifs de l'enfant. L'enfant est de trop, il est rejeté en marge, et est dressé à être constamment dévoué au parent le plus demandant, ou à sa fratrie. Il se dévoue sans compter, dans l'espoir que sa demande d'amour parental sera satisfaite un jour. C'est donc pour le restant de ses jours une bonne poire facile à exploiter. Y compris dans son ménage...

L'épisode dépressif majeur survient quand cet enfant dressé à toujours donner sans recevoir, et sans jamais avoir le droit d'exister pour lui-même, prend conscience, non, prend pré-conscience que cet amour parental qu'il a acheté toute sa vie au prix d'un dévouement incessant, il ne l'obtiendra jamais.

Un dépressif majeur reste généralement en couple stable. Il a tellement d'attentes affectives à combler, et il/elle est tellement rempli(e) d'espoirs !

Les thérapeutes qui traitent la famille entière remarquent bientôt que l'interaction conjugale et familiale est sur le mode complémentaire. Le conjoint joue le rôle du personnage fort, qui "n'a pas de problèmes", et qui s'assure constamment que le dépressif reste bien tout au fond de sa position basse, si chouette à exploiter. Dès que le dépressif sort de son gouffre de désespoir au long cours, et commence à s'affirmer, à exprimer ses besoins propres, la réaction devient violente pour le disqualifier et le faire replonger...

Note de lecture par Edith Goldbeter :
Quote
Avec sa collègue Carmen qui est son adjointe et une équipe faite de personnalités variées et intéressantes, Juan Luis Linares a formé des générations de thérapeutes familiaux au sein de l’École de thérapie familiale de l’Hôpital de la Santa Cruz y San Pablo, magnifique bâtiment relevant du style art nouveau de Barcelone. Chef de l’Unité de Psychothérapie du même hôpital, là aussi secondée par Carmen Campo, il a publié déjà de nombreux ouvrages en espagnols, celui-ci étant le premier qui est traduit en français.

Dans cet ouvrage, les auteurs abordent les patients dépressifs, « emblématiques » de la psychiatrie d’aujourd’hui (cf. Linares, 1998). Bien peu d’auteurs européens ont abordé jusqu’ici de manière aussi approfondie et avec une telle rigueur l’aspect systémique de problématiques dites psychiatriques.

Après un bref historique des classifications nosographiques des différents troubles dépressifs et des modèles de psychothérapie associés, ils situent les éléments relationnels qui vont constituer ensuite de thème central de l’ouvrage : deux champs relationnels leurs paraissent essentiels à explorer pour mieux appréhender les troubles dépressifs : celui de la « parentalité » – type de relation qu’a vécu le dépressif avec ses parents dans sa famille d’origine, dans son enfance et maintenant – et celui de la « conjugalité » – relation du dépressif avec son conjoint.

En étudiant les caractéristiques des champs relationnels de leurs patients dépressifs, les auteurs constatent qu’elles sont différentes selon le type de trouble de l’humeur présenté par leurs patients – la dysthymie et la dépression majeure. Ils excluent de cette étude les troubles bipolaires qui leur paraissent présenter des aspects spécifiques et dont ils n’ont pu réunir un échantillon de grandeur comparable à ceux des deux autres catégories.

Dans deux chapitres fort détaillés, les auteurs décrivent les caractéristiques de l’univers relationnel et du vécu des déprimés majeurs et des dysthymiques. Ces modélisations seront chaque fois illustrées ensuite à l’aide d’un cas montrant en même temps la démarche thérapeutique poursuivie.

L’ouvrage se clôture sur une série de chapitres analysant les options thérapeutiques pouvant être utilisées avec les familles des patients présentant les deux types d’états dépressifs.

Ce livre aidera les praticiens, en particulier ceux qui exercent une pratique dans le champ de la psychiatrie, à sortir de l’enfermement du diagnostic sans en ignorer pour autant les composantes, pour s’intéresser à l’univers relationnel (et transgénérationnel) de patients parfois traités trop rapidement uniquement par antidépresseurs.

Il suffit de changer quelques mots dans l'article historique de Harold Searles, The effort to drive the other person crazy, de 1959, traduit chez Gallimard dans le recueil qui porte le titre de l'article, L'effort pour rendre l'autre fou, pour retrouver une description assez précise des stratégies familiales pour faire de son enfant un dépressif profond, et pour maintenir son conjoint, ou sa soeur, ou son frère, dans le désespoir, l'aboulie, l'apragmatisme. En clair, pour l'éliminer en pratique, sans courir le risque de passer en cour d'assises. Paul Racamier, dans Les schizophrènes, avait résumé ces procédés pour rendre fou :
- Obliger la victime à être simultanément dans deux états psychiques incompatibles.
- Simultanément séduction narcissique, et attaque du narcissisme primaire antoedipien, constitution d'une symbiose anachronique entre le parent et l'enfant, dans l'omnipotence mutuelle. Empêchement de la constitution de l'oedipe, et encore plus empêchement de la constitution de l'identité sexuée, des compétences en rituels de sélection et séduction, et des compétences territoriales.
- Dénier les perceptions correctes qu'a l'enfant, mais qui contrarient la prestance et les illusions de perfection de l'adulte. Exemples : dénier systématiquement que l'eau du bain brûle l'enfant. Accuser de paranoïa un enfant de cinq ans qui se plaint des persécutions.
- Menacer, terrifier : Si tu te sépares de moi, si tu t'autonomises, je deviendrai folle, ou je me suiciderai !
Seul le dernier point est spécifique de la fabrication du futur schizophrène. Les trois premiers procédés sont parfaitement applicables à cette forme de meurtre psychique lent, qu'est la condamnation au schéma de vie dit "dépressif". Le seul point-clé est que le complot contre la personnalité de l'enfant soit compact, sans failles où une résistance pourrait planter un piton salvateur.


3 - L'oeuvre de Paul-Claude Racamier, puis de Maurice Hurni et Giovanna Stoll.
Liens :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=7497
http://www.mobbing-zentrale.ch/referat%20hurni-stoll.htm
http://a.pdc.free.fr/article.php3?id_article=35
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=14901564
http://deonto-famille.info/index.php?topic=17.0
http://forum.aceboard.net/11070-246-6785-0-Certaines-familles-pour-avarier-rendre-infirmes.htm
http://forum.doctissimo.fr/psychologie/couples-relations/Femmes-perverses-manipulatrices-sujet-171420-1.htm
à http://forum.doctissimo.fr/psychologie/couples-relations/Femmes-perverses-manipulatrices-sujet-171420-21.htm

Quote
Rappelons qu'incestuel selon P.-C.Racamier «désigne et qualifie ce qui dans la vie psychique individuelle et familiale porte l'empreinte de l'inceste non-fantasmé».

Rappelons aussi que «l'inceste n'est pas l'oedipe, qu'il en est même le contraire».

Les familles internes oedipiennes figurent des représentations générationnelles normales où les parents y sont plus âgés et plus grands que les enfants. Ainsi la différenciation des générations, des êtres, des sexes, des morts et des vivants est acquise. Les fantasmes de séduction narcissique et sexuelle co-existent mais la séduction sexuelle prédomine dans le couple. La relation de contenance initiale des partenaires a été vécue de la façon suivante : l'objet maternel a été contenant et a été introjecté comme tel. Les angoisses primitives catastrophiques claustrophobiques (angoisse «du trop serré») et agoraphobiques (angoisse «du laissé tomber», «du trop lâché») ne sont pas excessives.

Dans les familles internes antoedipiennes la différenciation générationnelle est mal ou pas acquise. La séduction narcissique est prévalente et la séduction sexuelle se met pathologiquement à son service. Le fantasme d'autoengendrement est sous-jacent à cette organisation psychique. Les enfants et les parents peuvent être à égalité générationnelle : ils ont imaginairement le même âge,ou bien encore, les parents des parents sont imaginés frères et soeurs, et ainsi de suite.

Il peut aussi s'agir d'un renversement générationnel : l'omnipotence infantile est figurée par des parents plus jeunes et plus petits que les enfants ; les enfants sont ainsi les parents des parents. Ici, la différenciation des générations, des êtres, des sexes, des vivants et des morts  n'est pas bien acquise et des confusions de tous ordres ont lieu, parfois massivement.

La relation précoce des partenaires a été dominée par une dépendance infantile pathologique à la mère contenante.  Tantôt il s'agit d'une dépendance excessive à l'objet, d'une quête frénétique de l'objet, tantôt défensivement contre cette dépendance pathologique s'est constitutée une auto-contenance  mégalomaniaque. Cette auto-contenance pathologique est vraisemblablement le terreau du fantasme d'autoengendrement (J.-P. Caillot, 1992).

En prolongation des cas étudiés par Hurni et Stoll, dans un travail personnel antérieur, diffusé en ligne, nous avons étudié les cas d'histrionismes où l'enfant est dressé comme aide-bourreau, comme tyran d'un parent, ou bourreau d'un frère ou d'une soeur, ou d'un grand-parent affaibli. Avec tout les intergrades entre le pôle terroriste, où il y est contraint par la menace, et le pôle histrionique, où l'enfant séduit son parent mobster en chef, par son sadisme. Telle est la catégorie nosographique des pervers histrioniques.
Lien : http://debats.caton-censeur.org/index.php?option=com_content&task=view&id=21&Itemid=45


4 - L'oeuvre d'Yvan Boszormenyi-Nagy, bien réexposée par Pierre Michard, qui remet l'éthique et les loyautés au centre de la perspective.
Liens : http://forum.aceboard.net/11070-246-7421-0-Loyautes-famille-deloyautes-fourberies-perversions.htm
http://universite.deboeck.com/livre/?GCOI=28011100555230
http://www.cairn.be/article.php?ID_REVUE=CNX&ID_NUMPUBLIE=CNX_085&ID_ARTICLE=CNX_085_0167
Note de lecture par Jean Chami :
Quote
Pierre Michard. La thérapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy. Une nouvelle figure de l’enfant dans le champ de la thérapie familiale Bruxelles, De Boeck, 2005,354 p.   

Dans ce livre, Pierre Michard reprend la question du don et du contre-don dans son espace intrafamilial, à partir de l’enseignement du fondateur de la thérapie contextuelle, Yvan Boszormenyi Nagy. Ce livre est à la fois un ouvrage très documenté sur la pensée de ce fondateur, et un cheminement, un « arrimage » de cette pensée au champ thérapeutique, et à celui de la formation des professionnels de l’enfance et de l’éducation.

L’auteur part du constat suivant :

l’enfant est le grand oublié de la question du don. Les grands auteurs qui ont abordé la question du don et de l’échange (Mauss notamment) ont ignoré la problématique du don de l’enfant. Et, lorsqu’elle a été reconnue, on a réduit le rôle de l’enfant à être la cible exclusive du don émanant des adultes.

L’ouvrage tente de faire surgir une nouvelle figure de l’enfant : un enfant capable de prendre des responsabilités, capable de sollicitude envers les adultes dont la souffrance principale est d’être en conflit. Tout le travail clinique d’un projet thérapeutique va consister à reconnaître les efforts de l’enfant pour comprendre le monde familial chaotique dont il est peut-être issu.

La notion de « parentification » a été vulgarisée dans le courant thérapeutique. Il s’agit pour l’auteur, ni de la déplorer, ni de l’encourager, mais de reconnaître l’effort spécifiquement humain de l’enfant, même si cet effort dépasse ses capacités. L’enfant peut donc acquérir par là une étoffe humaine qui mérite considération. Dans le vocabulaire de l’approche contextuelle, cette « grandeur éthique » de l’enfant, pour reprendre l’expression de Ricœur, prend le nom de légitimité, qui devient une nouvelle dimension de l’identité, on pourrait dire : un nouveau noyau de l’identité.

Mais, si l’enfant est bafoué dans son droit de donner, cette légitimité peut basculer dans un droit de vengeance, pour récupérer, soit ce qu’il n’a pas reçu, soit ce qu’on lui a empêché de donner, ce qu’on a refusé de recevoir de lui. Cette légitimité devient alors destructrice.

Ainsi, au long des pages de cet ouvrage passionnant, se dessinent les contours d’une nouvelle clinique, qui n’exclut pas pour autant les autres, psychanalytique notamment, que l’auteur connaît bien pour l’avoir aussi longuement pratiquée. Par exemple, les notions de transfert et de contre-transfert restent pertinentes, même si elles jouent un rôle différent. Cette clinique du don, de l’injustice, du déséquilibre de l’échange, rencontre des réflexions des sociologues et des psychologues : Emmanuel Renault (L’expérience de l’injustice), Nancy Fraser (Qu’est-ce que l’injustice sociale ?) ou Axel Honneth (La lutte pour la reconnaissance).

Une idée forte de ce livre est de montrer que la clinique du trauma, qui prend souvent le devant de la scène aujourd’hui, est d’un autre ordre que la clinique de l’injustice. D’autre part, ce livre tend à constater que l’importance du tissu relationnel intrafamilial ou institutionnel est au moins aussi grande que celle des mécanismes psychiques internes. L’approche contextuelle, définie et exposée dans cet ouvrage, ouvre une nouvelle dimension de la clinique. Elle introduit des concepts majeurs, comme celui de compte relationnel, en lien à la fois avec le désir et la promesse ; comme celui de détresse comptable, source du déséquilibre de l’échange. Un autre concept opératif est celui de conflit de loyauté : toute relation humaine, y compris entre proches, est traversée par la question de la loyauté qu’on peut définir comme une recherche de priorité d’égards. Cette approche amène donc à un constat, une nécessité : de reconstruire une histoire à plusieurs.

Enfin, l’approche contextuelle oriente clairement l’approche thérapeutique du côté d’une éthique humaniste, c’est-à-dire de la sauvegarde de l’humain, du spécifiquement humain : « La thérapie devrait apporter quelque chose à la survie de l’humanité [1]. » Cette fragilité du lien humain sur lequel le thérapeute doit veiller, doit prendre soin [2], est portée par le souci de l’enfant, dans les deux sens du terme : à la fois souci que se fait l’enfant, et souci que le thérapeute doit à l’enfant, comme vecteur et porteur de ce lien d’humanité, blessé, détruit, mais aussi porteur d’une promesse sinon de réparation, du moins de reconnaissance.


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« Last Edit: February 03, 2008, 05:10:33 PM by Jacques »

Jacques

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La dépression majeure, un objectif de tortionnaires raffinés. 2.
« Reply #4 on: January 25, 2007, 01:47:26 AM »
Et maintenant, réunissons les quatre sources : les aspects de perversité manipulatrice chez les parents générateurs de dépressifs profonds.

En effet, ce qui frappe profondément l'observateur engagé, c'est l'évolution depuis un simple parasitisme négligent, vers toujours plus de sadisme et de perversité, dans les complots entre parents de dépressifs, voire entre conjoint et parents ou beaux-parents (ou autres coalitions, par exemple un couple mère-fille), pour renfoncer au fond du trou, l'enfant qui tente d'en sortir : leur communion par le sadisme partagé. Pourquoi cette évolution ? Par narcissisme, souci de la prestance : "N'avouez jamais ! Liquidez plutôt les témoins gênants !"

Le procès du narcissisme ne sera jamais assez fait...

Un mot va poser problème à de nombreux lecteurs, car non défini : "complot".
Il y a complot lorsqu'au moins une personne recherche et trouve un ou des complices. Lorsqu'ils "pelotent ensemble" des fils que l'extérieur ne doit pas pouvoir démêler clairement.

Ce n'est pas forcément quelque chose de criminel ou délictueux : la plupart des innovations reposent sur des conspirations, capables de les développer en secret, avant qu'une intervention extérieure, une concurrence par exemple, ruine le projet. On sait aussi de nombreux exemples de conspirations vertueuses, dont l'objectif est thérapeutique, qui même parfois réussissent. La nécessité même de ces conspirations vertueuses m'était rappelé en 1978 par Thierry Gaudin, la mine gourmande : "Si vous voulez innover, il faut toujours arriver par où l'institution ne voit pas ! Sinon, dès qu'elle devine vos intentions réformatrices, l'institution n'aura qu'une idée en tête, vous éliminer pour échapper à toute réforme". Thierry Gaudin est l'auteur de L'écoute des silences ; les institutions contre l'innovation.

Ce sont donc bien la question de l'éthique directrice, et celle des résultats effectifs, qui tranchent si un complot est criminel, vertueux, ou banal. Une conspiration vertueuse est parfaitement avouable, et souvent sa publication après réussite enchante un lectorat. Un complot crapuleux, fut-il familial, demeure couvert par la règle fondamentale des escrocs : "N'avouez jamais !".

Kenneth Loach avait bien montré cet épisode du complot entre parents, dans son film Family Life, qui avait tant bouleversé ma jeune épouse en 1972 : un complot pour dénier l'existence de leur fille (dont le développement et l'initiative, pourtant bien tardive, menaçaient leur supériorité toute-puissante), et dénier le lien filial, avec son lot de devoirs parentaux. Cris de la fille "Vous savez très bien que j'existe !". Cri désespéré ; pour sauver sa vie, elle devrait se sauver, mais elle n'a nul lieu où se réfugier hors de leur portée. C'est sa perte.

Voir par exemple les tirs d'invectives et de malédictions de Madame Mère et de Madame Soeur, quand je leur demandais de mettre fin à leur complaisance envers la criminalité organisée...
http://jacques.lavau.perso.sfr.fr/mission_parricide/Marche_sadisme_pour_couards.html
Voilà qui est un clair aveu d'intentionnalité tortionnaire... sans couteau, bien sûr, à la féminine...

Voir l'usage du complot A par le complot B et réciproquement, voire de jeux de services réciproques entre plusieurs complots qui feignent de tout ignorer les uns les autres, mais communient par le sadisme et la perversité partagés. "Alie Boron" ("Ambre" sur quebec-politique.com) et Hélène P.lm. - ou n'importe quelle autre féminazie, pour cela elles sont interchangeables -  en sont des exemples caractéristiques.

Dans cette histoire, le gang le plus fin et le plus pervers subjugue et manipule les autres, qui doivent se cramponner dans leur déni désespéré de la réalité.

L'enfant met au minimum des dizaines d'années avant de démonter le piège dans lequel il a été enfermé - si même il y arrive avant son décès. En effet, son bagage génétique l'oblige aux loyautés filiales, notre héritage humain commun, tandis que ses parents égocentriques bafouent leurs devoirs de loyautés parentales.

A la lumière de l'oeuvre de Boszormenyi-Nagy et de ses continuateurs, nous formulons une hypothèse neurologique : disposant d'une mémoire biographique nettement plus étendue que celle des autres singes, l'homme dispose aussi d'un équipement neurologique spécifique lui permettant de tenir le "Grand livre des comptes" des loyautés générationnelles qui inscrivent l'individu dans l'humanité commune. Selon cette hypothèse, qui cliniquement est féconde, à défaut d'être encore neurologiquement validée, l'éthique est donc une dimension indissociable de la condition humaine, et c'est donc une escroquerie intellectuelle que de la dénier au prétexte qu'en étudiant telle société animale, nous saurions tout ce qu'il est nécessaire de savoir de nos sociétés humaines.



Conclusion :

La croissance et la maturation dans l'espèce humaine est la plus lente de tout le règne animal. L'énormité des besoins trophiques du cerveau humain (vingt watts jour et nuit) grève de façon unique et exceptionnelle la croissance physique. La lenteur de la maturation d'un petit aussi altriciel qu'est le petit humain, exige une durée des devoirs parentaux, elle aussi exceptionnelle. Le seul instinct sexuel, et le seul attrait sexuel sont impuissants à fonder un couple parental dans la durée, ni à lui fournir les raisons de rechange pour son évolution au cours de la maturation. Seules les loyautés donnent un socle et un cadre pour les négociations et la créativité en famille. Si c'est le sexe qui fonde les grossesses - et exclusivement le sexe hétérosexuel, du reste - seules les loyautés fondent les familles, et donnent aux individus la sécurité dont ils ont besoin pour leur évolution mentale au rythme requis par leur évolution biologique inexorable.

L'étude des pathologies mentale confirme les points centraux de l'oeuvre de Boszormenyi-Nagy :
Plus que les autres espèces, nous disposons dans notre appareillage neurologique de moyens pour réclamer et pour donner de la loyauté générationelle. Cela fait partie de notre héritage génétique incontournable.

Bafouer ses devoirs de loyauté générationnelle est un moyen extrêmement sûr pour produire des endommagements à long terme, quelles qu'en soient les variantes pratiquées.
 
Vu cette durée de la maturation affective et intellectuelle d'un enfant, jusqu'à devenir à son tour un adulte épanoui et fécond, il serait criminel de ne se reposer que sur les seuls comportements instinctifs de maternage et de protection des bébés, que nous partageons avec tous les autres mammifères. Dans l'espèce humaine, la parentalité est encore plus exigeante que chez les autres espèces, et demande un encadrement et un apprentissage, dans la solidarité et la loyauté : des loyautés verticales entre générations, des loyautés horizontales dans les fratries, et entre parents, entre adultes. Dans l'espèce humaine, non seulement il faut tout un village pour élever un enfant, mais encore plus pour élever des parents.

La genèse des dépressifs profonds n'est qu'un cas particulier de la règle générale :  Bafouer ses devoirs de loyauté générationnelle est un moyen extrêmement sûr pour produire des endommagements à long terme.
« Last Edit: October 05, 2009, 02:52:57 PM by Jacques »

Jacques

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Supplice chinois sur enfant.
« Reply #5 on: February 09, 2007, 05:57:40 PM »
Ce qui suit est extrait des pages 177 à 179 du "Moi-peau" de Didier Anzieu, Editions Dunod.

Quote from: Didier Anzieu
L'opposition du chaud et du froid est une des distinctions de base que le Moi-peau permet d'acquérir et qui joue un rôle notable dans l'adaptation à la réalité physique, dans les oscillations de rapprochement et d'éloignement, dans la capacité de penser par soi-même. Je rappelle le cas de transfert paradoxal (que j'ai rapporté dans mon article sur ce thème : cf. Anzieu D., 1975 b), où les perturbations de l'équilibre de l'humeur, l'obstination masochiste à maintenir une vie conjugale insatisfaisante, certaines faillites du raisonnement, ont pu être rattachées par le travail psychanalytique notamment à une altération précoce de la distinction du chaud et du froid.
Observation d'Erronée
Il s'agit d'une femme pour laquelle je n'ai pas trouvé de meilleur pseudonyme que celui d'Erronée, étant donné la fréquence et l'intensité dramatique avec lesquelles il lui fut opposé, tout au long de son enfance et souvent encore de son âge adulte, que ce qu'elle ressentait était erroné. Enfant on la baignait, non pas en même temps que son petit frère, ce qui eût été indécent, mais juste avant. Aussi, afin que le bain fût à la température convenable pour le garçon, on préparait pour Erronée un bain brûlant dans lequel on la plongeait de force. Si elle se plaignait de la chaleur excessive, la tante qui, les deux parents travaillant, avait la charge des enfants la traitait de menteuse. Si elle criait de malaise, la mère, appelée pour avis, l'accusait de simagrées. Quand elle sortait de la baignoire rouge comme une écrevisse, titubante et sur le point de défaillir, le père qui dans l'intervalle était venu en renfort, lui reprochait de n'avoir ni tonus ni caractère. Elle ne fut prise au sérieux que le jour où elle s'affaissa prise de syncope. Elle eut à subir d'innombrables situations analogues suscitées par la jalousie de cette tante abusive, par l'indifférence lointaine d'une mère accaparée par son métier et par le sadisme du père. En voici un trait présentant un caractère de double contrainte (double bind). Elle qui, toute petite, avait été vouée par sa tante et sa mère aux bains brûlants, fut, ayant grandi, interdite de bain par son père — les bains chauds sont amollissants pour le corps et le caractère — et vouée à des douches froides qu'elle avait obligation de prendre hiver comme été dans une cave non chauffée de la maison où l'appareil avait été installé de façon délibérée. Le père venait contrôler sur place, même quand sa fille devint pubère.
Erronée revécut d'innombrables fois dans ses séances de psychanalyse la difficulté de me communiquer ses pensées et ses affects dans la terreur que je ne dénie leur vérité. Elle éprouvait brusquement sur le divan une sensation de froid glacial. Souvent elle gémissait et éclatait impulsive-ment en sanglots. Plusieurs fois, il lui arriva d'éprouver en séance un état intermédiaire entre l'hallucination et la dépersonnalisation : la réalité n'était plus la réalité, sa perception des choses s'embuait, les trois dimensions de l'espace vacillaient ; elle-même continuait d'exister mais séparée de son corps, à l'extérieur de celui-ci. Expérience qu'elle comprit d'elle-même, quand elle l'eut verbalisée suffisamment en détail, comme la reviviscence de sa situation infantile dans la salle de bains, quand son organisme était à la limite de l'évanouissement.
J'ai cru pouvoir faire avec Erronée l'économie du transfert paradoxal : en cela, ce fut mon tour d'être erroné. Elle m'avait témoigné assez vite un transfert positif et je pus, en m'appuyant sur lui, lui démonter le système paradoxal dans lequel l'avaient mis ses parents et dont elle ne ces-sait de me parler. Cette alliance thérapeutique positive produisit d'heureux effets dans sa vie sociale et professionnelle et dans sa relation avec ses enfants. Mais elle restait hypersensible et fragile : la moindre remarque d'un interlocuteur habituel de sa vie ou de moi-même la plongeait dans ce désarroi profond où elle n'était plus sûre de ses propres sensations, idées et désirs, où les limites de son Moi s'estompaient. Brusquement elle bascula dans le transfert paradoxal, localisant désormais ses difficultés dans la cure avec moi, me vivant comme celui dont elle ne pouvait se faire entendre et dont les interprétations (qu'elle m'attribuait ou dont elle déformait le sens) visaient à la négation systématique d'elle-même. Sa cure ne recommença à progresser que :
quand j'eus pleinement accepté d'être l'objet d'un transfert paradoxal ;
quand elle eut la preuve à la fois qu'elle pouvait m'atteindre émotionnellement mais que je restais ferme dans mes convictions.
En déniant que l'enfant ressente effectivement ce qu'elle ressentait : « ta sensation d'avoir trop chaud est fausse, c'est ce que tu dis, mais ce n'est pas vrai que tu l'éprouves ; les parents savent mieux que les enfants ce que ceux-ci ressentent ; ni ton corps ni ta vérité ne t'appartiennent », les parents se situaient non plus sur le terrain moral du bien et du mal mais sur celui, logique, de la confusion du vrai et du faux et leur paradoxe obligeait l'enfant à intervertir le vrai et le faux. D'où les troubles consécutifs dans la constitution des limites du Moi et de la réalité, dans la communication à autreui de son poin de vue. Ainsi s'instaure ce qu'Arnaud Lévy a, dans une communication restée inédite, décrit comme une subvrsion logique, comme un pervertissement de la pensée, nouvelle forme de la pathologie perverse venant s'ajouter aux perversions sexuelles et à la perversion morale.
Fin de citation.

J'ai apprécié ce passage comme archétypique de la double contrainte pour interdire toute autoréférence sur ses propres sensations.

Le concept du moi-peau de Didier Anzieu est solide. Prolongements : un bon skieur délègue ses sensation au bout de ses spatules.  Une agricultrice africaine sent au bout de son bêton à fouir. Un rabassier prolonge se sensorialité de même au bout de son piochon à truffes...

Prolongements sensoriels (hors-sujet du moi-peau, mais en-sujet du point de vue des neurosciences cognitives) : nous avons à titre natif plusieurs systèmes de référence d'équilibrage, au moins deux.
La tête est stabilisée au mieux, afin de servir de référence au regard.
Le tronc est la référence de stabilisation suivante.

Les oiseaux démontrent cela spectaculairement.
Le film d'une oie volant parallèlement à la Jeep ou à l'ULM du cameraman, montre que le corps monte et descend selon le battement d'ailes, mais que les muscles du cou oscillent pour maintenir la tête sur une trajectoire parfaitement rectiligne, avec une assiette constante.
Un rouge-gorge sur les bancs extérieurs de l'Université, tourne sa tête dans tous les sens en une fraction de seconde. Et pourtant, il maintient dans sa tête une image stable du paysage...

Prolongements par l'entraînement, chez les acrobates et les pratiquants d'arts martiaux. Un plongeur enchaîne plusieurs systèmes de référence au cours de son bref vol. Un karatéka délègue son centre d'équilibrage sur le bout du poing qui frappe, ou sur le tranchant des pieds qui frappent.
« Last Edit: February 03, 2008, 05:11:27 PM by Jacques »

 

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